Il y a des choix que l’on fait parce qu’ils semblent évidents. Et puis il y a ceux que l’on fait parce qu’ils correspondent réellement à ce que l’on veut défendre.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un de ces choix.

J’ai décidé de ne plus travailler le tulle rebrodé à la Maison AU FIL D’UN JOUR.

Ce n’est pas une décision prise du jour au lendemain. J’en ai utilisé. J’ai répondu à des demandes. J’ai parfois choisi cette matière parce qu’elle permettait de répondre à l’envie d’une future mariée et, soyons honnêtes, parce que je ne voulais pas forcément prendre le risque de la perdre.

Mais avec le temps, quelque chose s’est imposé à moi : cette matière ne correspond plus à ma manière de créer.

Le tulle rebrodé est très présent dans l’univers de la robe de mariée. Il permet d’apporter rapidement de la matière, du motif, de la brillance et de l’ornement. Pourtant, lorsque je regarde ce que j’aime réellement dans une robe, je retrouve davantage de finesse dans une belle dentelle de Calais/Caudry, dans une broderie réalisée à la main, dans quelques perles judicieusement placées ou dans un travail de matière pensé spécialement pour une personne.

Alors j’ai décidé de faire un choix. Le mien.

Une matière très présente, mais qui ne me ressemble plus

Robe de mariage civil sur mesure élégante et moderne

Le tulle rebrodé n’est évidemment pas une mauvaise matière en soi.

Il existe aujourd’hui des tulles de très belle qualité, avec des broderies travaillées et des finitions remarquables. Je ne remets pas en question le savoir-faire des fabricants ni celui des maisons qui les utilisent.

Simplement, ce n’est plus ce que j’ai envie de proposer.

Ce qui me dérange davantage, c’est la place que cette matière a prise dans l’univers de la robe de mariée. On la retrouve énormément, sous différentes formes, dans les collections et les créations de robes de mariées.

Et lorsqu’une matière devient omniprésente, elle perd forcément un peu de ce qui m’intéresse le plus : la possibilité de créer une pièce qui ne ressemble pas à une autre.

Je travaille exclusivement sur mesure. Je ne propose pas de collection dans laquelle plusieurs mariées pourront retrouver exactement la même robe. Chaque pièce est pensée pour une femme, sa silhouette, son histoire, ses envies et sa manière de porter sa robe.

Alors pourquoi choisir une matière que l’on retrouve partout simplement parce qu’elle est devenue un incontournable ?

Aujourd’hui, je préfère aller chercher ailleurs.

Dans une matière plus juste avec un détail plus personnel. Une dentelle choisie avec attention ou une broderie pensée pour la robe plutôt que dans un motif déjà existant.

C’est aussi cela, pour moi, le sur-mesure : être capable de dire non à ce qui ne correspond plus à ce que l’on défend.

Pourquoi je préfère la dentelle de Calais/Caudry

S’il y a une matière vers laquelle je reviens naturellement lorsqu’une mariée souhaite de la dentelle, c’est la dentelle de Calais/Caudry.

Sa finesse, son dessin, sa tenue et sa façon d’accompagner le corps me plaisent davantage. Elle possède une présence très différente sur une robe de mariée.

Elle peut être spectaculaire, mais elle peut aussi être extrêmement discrète.

Un motif peut être découpé et placé uniquement à certains endroits. Une bordure peut souligner une encolure. Quelques éléments peuvent venir ponctuer une manche, un dos ou une jupe.

On peut aussi travailler la dentelle autrement que comme un panneau posé sur une robe.

C’est justement cette liberté qui m’intéresse.

Et puis il y a la matière elle-même. J’aime sentir ce que je travaille, comprendre comment elle réagit, comment elle tombe, comment elle accompagne le mouvement.

Je privilégie depuis longtemps les belles matières naturelles lorsque le projet le permet : la soie, le coton, la laine… et la dentelle de Calais/Caudry trouve naturellement sa place dans cette approche.

Cela ne signifie pas que tout doit être 100 % naturel à tout prix. Une robe est un équilibre de matières, de contraintes techniques, de rendu et de confort.

Mais lorsque j’ai le choix, j’ai envie de choisir une matière parce qu’elle apporte quelque chose de réel à la pièce.

Pas simplement parce qu’elle est devenue incontournable dans le mariage.

Une robe de mariée ornée ne se résume pas au tulle rebrodé

Robe de mariée sur mesure en soie avec tulle rebrodé

C’est probablement le point que j’ai le plus envie de transmettre.

Arrêter le tulle rebrodé ne signifie absolument pas arrêter les robes de mariée travaillées, les détails, la dentelle ou l’ornement.

Au contraire.

Il existe une multitude de façons d’apporter du relief et de la personnalité à une robe de mariée.

Une belle dentelle de Calais/Caudry, bien sûr. Mais aussi des perles, des paillettes, des broderies réalisées au crochet de Lunéville, des applications découpées, des jeux de transparence, des plis, des fronces, des superpositions de matières ou encore un détail brodé spécialement pour la mariée.

L’ornement peut même être beaucoup plus discret.

Parfois, quelques perles suffisent.

Parfois, une ligne de dentelle placée au bon endroit apporte davantage qu’un motif couvrant toute une robe.

Et parfois, c’est justement l’absence d’ornement qui donne toute sa force à une silhouette.

C’est là que le sur-mesure devient intéressant.

On ne part pas forcément d’une matière pour construire une robe autour d’elle. On part d’une femme, d’une envie, d’une silhouette et d’une intention. Puis on cherche la matière et la technique qui serviront cette intention.

C’est aussi pour cette raison que je continuerai à proposer le travail de broderie au crochet de Lunéville lorsque le projet s’y prête. Parce qu’il permet de créer autrement.

De choisir les perles, les paillettes, leur emplacement, leur densité et leur dessin.

De faire de l’ornement un véritable élément de la pièce plutôt qu’un motif déjà déterminé

Dire non pour créer autrement

Cette décision peut sembler paradoxale : pour proposer des robes vraiment sur mesure, je choisis volontairement de retirer une matière de mes possibilités. Et pourtant, c’est précisément ce qui me semble cohérent.

Créer sur mesure ne signifie pas dire oui à tout. Au contraire, cela signifie aussi savoir conseiller, expliquer, proposer une alternative et parfois dire : « Ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. »

Pendant longtemps, j’ai pu accepter certaines demandes parce que je craignais qu’un refus signifie perdre une future mariée. Mais aujourd’hui, je vois les choses différemment.

Je préfère attirer une mariée qui choisit la Maison AU FIL D’UN JOUR pour ma manière de travailler, mes matières, mon regard et ma façon de créer.

Et si elle arrive avec l’idée d’un tulle rebrodé, mon rôle n’est pas simplement de dire oui. C’est aussi lui montrer qu’il existe d’autres possibilités.

Peut-être qu’une dentelle de Calais/Caudry lui plaira davantage. Peut-être qu’une broderie réalisée spécialement pour sa robe fera beaucoup plus de sens. Peut-être que quelques perles suffiront. Peut-être encore qu’elle découvrira qu’elle n’a finalement pas besoin d’autant d’ornement qu’elle l’imaginait.

C’est cette discussion qui m’intéresse.

Parce qu’au bout du compte, l’objectif n’est pas de reproduire ce que l’on voit partout.

L’objectif est de créer une pièce qui vous ressemble.

En conclusion, ne plus travailler le tulle rebrodé est donc un choix très simple : je ne l’aime plus suffisamment pour avoir envie de le proposer.

Et je préfère être honnête avec vous.

Il existe de très beaux tulles rebrodés. Il existe de très belles maisons qui les travaillent admirablement bien. Ce n’est simplement plus ma direction.

Chez Maison AU FIL D’UN JOUR, j’ai envie de continuer à défendre une autre idée de la robe de mariée : des matières choisies avec intention, des détails travaillés avec précision et des pièces qui ne cherchent pas à ressembler aux autres.

La dentelle de Calais/Caudry, les perles, les paillettes, la broderie au crochet de Lunéville, les applications, les jeux de matières… les possibilités sont nombreuses.

Et c’est finalement ce que j’aime dans le sur-mesure : ne pas être obligée de choisir ce que tout le monde choisit.

Parce qu’une robe de mariée unique ne l’est pas uniquement parce qu’elle a été fabriquée pour vous.

Elle peut aussi l’être parce qu’elle a été pensée autrement.